J'ai eu le "plaisir" il y a peu de subir une avulsion des 3e molaires. Ou plus simplement de me faire opérer des dents de sagesse...

Comment dire... c'est pas le bon sens!Les quatre d'un coup BAM! Chirurgie ambulatoire, anesthésie générale, signature de décharge, tout ce vocabulaire qui ne figure habituellement pas dans mon quotidien et qui ne me rassure que peu.

C'est plutôt banal pourtant de se faire enlever les dents de sagesse. J'en ai discuté et j'en discute encore avec plusieurs personnes qui sont passées par là. Très bon sujet pour débuter une conversation en soirée soit disant passant. "-Salut, comment ça va? -Ho pas mal, j'ai 4 dents en moins."

Enfin ce qui est fait n'est plus à faire et je suis libérée de ses dents qui poussaient dans le mauvais sens. Oui mais...

Mais j'ai ensuite découvert une autre chose qui ne fait pas non partie de mon quotidien de française qui ne vit pas dans la misère totale (sans être riche loin de là). Quelque chose qui m'arrive de temps en temps, mais à niveau tout de même plus faible et sur une durée plus courte. J'ai découvert la Douleur. La Douleur avec un grand "D" bien que je sache pertinemment que celle que je connais n'est qu'une goutte d'eau, un minuscule échantillon comparé à ce que d'autres vivent.

Ce que j'ai surtout découvert c'est l'absence de soulagement. Une douleur qui ne part pas ou peu, qui en tout cas revient inlassablement. Elle s'installe dans votre corps, pour moi la mâchoire, pose ses meubles et ne compte pas donner son préavis.

Ho miam! Mon p'tit dej.

Me voici donc avec plus de cachets à prendre que ma grand-mère pour essayer d'atténuer tout ça et tenter de dormir un peu. Parce que oui, cette douleur est du genre fêtarde et aime le tapage nocturne. Et c'est ça le pire. Pas de répit, avoir mal tout le temps. Pas de sommeil. Juste une vague somnolence qui ne fait que concentrer l'attention de l'esprit sur cette douleur. Ceci ne faisant que l'accentuer encore et encore sans atteindre le coma salvateur où l'on ne ressent plus rien, le nirvana. Pourtant...

Quand je dis que j'ai découvert la Douleur, je sais que j'en ai juste saisi le concept. Je l'ai effleuré du bout des dents. Tout ceci n'est rien si l'on pense aux personnes luttant contre le cancer, celles qui ont été amputées et qui vivent avec des douleurs fantômes, les prisonniers torturés ou encore les personnes atteinte d'algie vasculaire de la face (comme Daniel Radcliffe en passant) et bien d'autres cas.

Mais pendant ces quelques jours j'ai pu "apercevoir" ce que ces personnes vivent. J'ai pu comprendre l'impuissance face à son propre corps qui ne répond plus comme on le souhaiterai. Ce corps qui nous trahit et devient notre ennemi. La colère, la tristesse quand on ne peut rien faire, quand on a mal et qu'on ne pense qu'à ça. Ce genre de situation qu'on ne comprend que lorsqu'on le vit et je ne souhaite à personne de comprendre.